Historique de la question jeunesse dans le réseau fédéral

La question de la jeunesse est récente dans l’histoire du réseau fédéral des centres sociaux. Nous présentons ici quelques grandes dates, une rapide analyse et une bibliographie de cette histoire.

1. Quelques dates du réseau fédéral.

1976. Suite à l’Assemblée Générale de la FCSF, une réflexion est amorcée sur les publics non habituels des centres sociaux. Plusieurs groupes de travail sont mis en place dont l’un d’eux qui se voit confier la tâche de mener une réflexion sur le centre social et les jeunes. Il permet la mise en commun de l’expérience des centres qui se mettent à accueillir des groupes de jeunes et dont certains ont embauché un animateur spécialisé. C’est le début d’une prise en compte fédérale de la problématique jeunesse.

1979. Une enquête est réalisée au printemps par la FCSF auprès de 82 centres sociaux. 85% des centres disent ne pas avoir de personnels spécialisés et mettent l’accent sur la polyvalence des professionnels de l’animation.

1981. Création des postes ASE (Aide Sociale à l’Enfance) du Ministère des Affaires Sociales qui soutient financièrement l’embauche d’animateurs jeunes dans les centres sociaux.

1982. Le groupe de travail de la FCSF « actions-jeunes » réfléchit aux moyens d’évaluation.

1987. Colloque de la FCSF à Villeneuve d’Ascq « De l’animation jeunes… à la prévention ». Il permet de confronter les réflexions et d’élaborer des orientations fédérales communes mais réunit peu de militants associatifs.

Colloque de la FCSF sur l’emploi et les jeunes en milieu rural dans la Sarthe.

1991. 43 des 73 centres sociaux du Rhône ont du personnel spécialisé pour le public adolescent ou jeune adulte.

1992. Congrès de la Rochelle.

1997. Journée nationale au Grand Lemps sur la thématique des jeunes en milieu rural

1998. Un des quatre Forums du Congrès de Strasbourg porte sur les « centres sociaux et les jeunes ». Il s’attache à faire reconnaître les jeunes comme ressources et non comme source de problèmes. Il valorise l’accompagnement de projet face à la programmation d’activités.

2002. Suite au départ de Pierre Meyer, il n’y a plus de délégué national spécifiquement chargé de la question de la jeunesse mais une mission sur l’éducation confiée à une fédération.

2. Evolutions de société

Avant les années 70.

Le début du siècle est marqué par la naissance des mouvements de jeunesse proche des organisations communistes ou catholiques. Les régimes totalitaires ou paternalistes (Vichy) créent leurs propres mouvement d’embrigadements de la jeunesse. En 1944, à Lyon, est créée l’association La république des jeunes d’où allait naître la Fédération françaises des M.J.C. Le Gouvernement crée un Ministère de la Jeunesse et des Sports qui institue l’Education Populaire (création du FONJEP). Les centres sociaux s’inscrivent alors plutôt dans une perspective de travail social (création de la prestation de service CAF) que d’éducation populaire.

Années 70.

Apparition de la question jeune sur la scène politique et dans les centres sociaux. On peut l’expliquer par trois phénomènes :

la génération du Baby-Boom a entre 15 et 25 ans

le chômage apparaît et la crise économique touche d’abord les plus jeunes

la question urbaine fait son apparition après un développement important des grands ensemble et de la concentration de la population immigrée

Années 80.

Les centres sociaux prennent en main la question de la jeunesse s’occuper des jeunes qui « zonent » autour du centre social : sur les marches, dans le hall… [Pierre Meyer, 6]. Parallèlement à une logique de « prévention » (notion-phare) se développent les outils d’animation : local jeune, aide scolaire, insertion professionnelle, activités de loisirs… qui correspondent aux problématiques sociales rencontrées par la majorité de la jeunesse.

les jeunes sont une variable d’ajustement pour le marché de l’emploi

le prolongement des études renforce la dépendance familiale et scolaire tout en laissant du temps libre

Il y a professionnalisation de l’animation en direction des jeunes avec l’embauche de personnel spécifique et création successive de diplôme de la part de Jeunesse et Sports : DEFA (1980) et BEATEP (1986).

Années 90.

La question principale est devenue celle de la place des jeunes dans leurs différents territoires d’inscription sociale : l’école, le monde du travail, la cité… et non plus celle de leur place dans le centre social. Les centres sociaux ont été obligés de redéfinir leur stratégie (pratique du partenariat) et leur organisation (distinction des secteurs jeunes et adultes). Les jeunes ont été le moteur de transformation dans les pratiques et ont accompagné le passage d’une logique de service à une logique de projet. Après les mots « animation » ou « prévention », c’est le terme « éducation » qui prend le plus de place concernant les actions jeunes dans les centres sociaux. Mais en même temps, cela déplace la problématique d’un public vers un mode d’intervention qui concerne tous les habitants d’un territoire.

Années 2000.

Au cours des années 2000, on commence à distinguer les jeunes adultes et les jeunes. La question principale reste celle de la place des jeunes …

3. Bibliographie sur les actions jeunes dans les centres sociaux

FCSF

[1] Accueillir les jeunes. Centres Sociaux N°156.. Juillet-Août 1978

[2] Animation jeunes. Centres Sociaux. N°168.. Juillet-Août 1980

[3] L’emploi des jeunes en milieu rural. Ouvertures.. N°29. 1987

[4] De l’animation des jeunes à la prévention. Etude de Gabriel d’Elloy. 1988.

[5] Le logement des jeunes. Article de Chantal Koeltgen dans Ouvertures. N°37. 1989

 

[6] Actions jeunes dans les centres sociaux. Ouvertures. Hors-Série N°9. 1992

[7] Jeunes et centres sociaux. Ouvertures N°1-2. Mars avril 1997

[8] Actions auprès des jeunes. Rapport de la FCSF sur les actions réalisées en 1997 dans les fédérations. Sep 1997.

[9] Les centres sociaux et les jeunes. Ouvertures. N°4-5. Compte-rendu du Forum du Congrès de Strasbourg. 1998.

[10] Projet éducatif local. Ouvertures N°3. 2001

Fédération des centres sociaux du Maine et Loire

[11] Les jeunes, violences subies, violences faites. Le rôle et la place des centres sociaux et socio-culturels. Rapport de la recherche action-formation. (avec l’ADRI). Septembre 1995-Décembre 1997.

[12] L’animation jeunesse en question ? Centres sociaux actualités-Anjou-Vendée. N°6. Mars 2002.

URACS.

[13] Initiatives Jeunes. Centres Sociaux. Développement local. Compte-rendu de la journée nationale du Grand Lemps. Février 1997 (avec la Fédération des centres sociaux de l’Isère)

CENTRES SOCIAUX

[14] Echanges avec la Bulgarie et le Portugal. Ouvertures N°6. 1994 Centre social de Chatillon en Bazois (58)

[15] Parler pour prévenir. Ouvertures N°1. 1996. Centre social de Lesneven (29)

[16] Jeunes au foyer. Ouvertures N°6. 1996. Centre social de Mauléon (79)

 

Manu Bodinier

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